Forum › Récits de courses › Trail Echappée Belledonne
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31/08/2015 à 11:03
Un petit récit de course pour un objectif non atteint mais qui reste une belle aventure.
A l’origine inscrit sur l’Ironman Zurich, mais n’ayant pas participé au camp en Andalousie et ne sachant pas tenir ma place dans le groupe vélo, changement d’objectif : ça me démangeait depuis un moment, pourquoi pas une saison de trail (voire plus) ?
Après avoir cherché un objectif d’ultra trail "court", je m’inscrit sur les 85 km de l’Echappée Belle, dans le massif de Belledonne (6000 m de D+ et 7000 m de D-). Marie ne tarde pas à me rejoindre sur la liste des inscrits, et me dit, "ça à l’air vachement dur ce truc" ; je m’en rappelerai le jour de la course…
Gonflé à bloc, je sui mon plan d’entrainement, avec les conseils de coach Marie, et participe à 3 trails de préparation. Beaucoup de kils, 25’000 m de D+ cumulés sur la saison, pas de pépins physiques et d’assez bonnes sensations.
Départ vendredi pour la région grenobloise avec les familles, retrait des dossards, briefing des supporters sur les lieux où on pourra se croiser, et coucher assez tôt.
Lever 2h15
, gatosport, dernier check de ne rien oublier et départ à 3h15 vers la navette qui nous emmène au départ. La pression monte gentiment jusqu’au départ, au milieu des 350 coureurs au départ. 6h10 : nous attaquons par quelques centaines de mètres de course puis viens la première montée pour se mettre en jambes, le long serpent de frontales d’étire progressivement. Extinction des frontales puis première descente agréable en courant. On croise une route, qui sera le dernier signe de civilisation avant… très longtemps ! 2ème longue montée, on se trouve dans un groupe avec pas mal de filles, Marie n’est pas la seule à parler
, la forme et le moral sont bons. Après 13 km de course, on approche du premier ravito, un coureur est évacué en hélico après un malaise et nous quittons l’ombre pour le soleil, Nous ne trouvons pas nos supporters au ravito, l’endroit semble assez difficile d’accès. On attaque les choses sérieuses avec notamment une longue descente technique et glissante, avec quelques figures plus ou moins maîtrisées, mais sans pépin.
Je me rends compte que si on ne peut pas avancer plus vite dans les descentes (et notamment très peu courir), la course va être très très longue… Le montée au col Moretan va être pour moi interminable et le lieu du début de ma défaillance. La chaleur est accablante, le terrain très très technique, et le dénivelé impressionant : 900 m de D+ en 2.8 km
.
Les petites pauses se multiplient, on parle peu car la concentration est au maximum pour savoir ou poser le pied à chaque pas. Nous finissons par atteindre le col à 2500m. Je commence à souffrir de deshydration (je ne manque pas de liquide mais sans doute de sel). Grosse difficulté franchie, mais seulement 22 km en 7h00, notre moyenne s’effondre. Nous pensons alors accélérer un peu en descente, mais… non ! Le terrain reste extrêmement technique, nous sommes au milieu d’enchevêtrements de pierres, il n’y a pas de chemin et il est impossible de relâcher son attention une seule seconde. Alors que nous descendons sur une arrête raide et glissante, nous rejoignons un concurrent tétanisé par la pente, quand un cri vient d’un concurrent au dessus de nous : il a laché la corde et roule en contre-bas. Grosse frayeur car il ne bouge pas et ne répond pas à nos appels puis se relève. Plus de peur que de mal heureusement.
Il nous faut pas loin de 2h00 pour sortir de ce terrain très accidenté et rejoindre un replat où est installé un ravitaillement. On refait le plein d’énergie et de sel. La prochaine base vie est à 12km et on nous annonce qu’il faut environ 4h, ça sent la mise hors délais. Pour ma part, ça fait un long moment que j’ai le moral en berne et que je sais que je n’irai pas au bout. Marie est plus résistante et essaie de me garder motivé.
Nouvelle longue descente dans les cailloux, et nous sommes contents quand nous arrivons à courir, mais ça ne dure pas plus de 3 ou 4 foulée. Bientôt 10h de course et toujours aucune possibilité de croiser notre fan club ou un peu de public
. Heureusement, nous apprenons par téléphone que Benjamin est venu à notre rencontre. Il a en main un des désormais célèbres pompons vert et orange de Roth et nous gratifie d’une magnifique chorégraphie digne des meilleures pompom girls
. La dernière montée vers Super Collet est très pentue, il fait une chaleur insupportable pour moi et j’ai besoin de me reposer. Malgré l’insistance des Marie et Benj qui m’encouragent, je les laisse filer pour que Marie ait une chance de passer la barrière horaire. Après 15 min de repos et un peu de ravitaillement, je reprends la montée, qui me semble interminable. Je sais que Thomas et le père de Marie viennent à ma rencontre avec du coca . En arrivant (enfin) à l’approche de la base vie, j’aperçois Marie qui repart avec Benjamin, cool, elle semble en forme et avec un bon moral.
Pour ma part, je finis hors délai après 36 km de course, 3050 m de D+ et 12h35 de course
.
Mes sensations sont très mitigées : content de retrouver la civilisation et nos proches, qui m’attendent avec du ravitaillement, mais extrêmement frustré de na pas avoir pu tenter ma chance jusqu’au bout. Je n’ai qu’à m’en prendre qu’à moi-même d’avoir choisi une course aussi difficile, cumulant des mensurations connues, mais surtout une côté technique très spécifique que j’avais sous-estimé.
Juste 2 ou 3 chiffres pour illustrer cette difficulté :
170 finishers sur 350 au départ du 85 km, 195 finishers sur 500 au départ du 144 km
Le premier du 144 km en 27h47, le second en 29h11 quand l’UTMB (170 km) se gagne le même jour en 21h09…
Trève de bavardage, Marie est toujours en course. Après une bonne douche et un hamburger au foie gras
, retour sur le parcours avec le fan club pour attendre Marie et Benjamin à la base vie suivante au km 50,5. La longue attente nous permet de constater les dégats sur la forme des concurrents qui arrivent au milieu de la nuit et d’admirer ceux qui repartent pour les 30 km restant. Respect !!!
Notre spinach arrive à 1h40, dans les délais mais décide d’arrêter les frais, mais en ayant suscité notre admiration pour la performance réalisée
.
Désolé, mon récit a été plus long que prévu et il y aurait encore beaucoup à dire. En résumé, je retiendrai une période de préparation bien réussie, une course trop difficile pour moi (physique + technique = trop exigent) avec une grosse frustration de mon premier DNF sur une course, de ne pas avoir pu courir la nuit, mais une belle expérience dans un environnement superbe, et une superbe week-end avec ma collègue de galère et nos proches.
Je laisse Marie ajouter son récit.
A+ pour en parler de vive voix autour d’un verre
Benoit
PS : quelques photos dans la rubrique Photos
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31/08/2015 à 13:35
J’ai oublié de remercier Marie pour avoir partagé cette course avec moi et notre fan club sur place et à distance, dont le soutien a été précieux
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31/08/2015 à 16:19
Respect et un tout tout gros bravo à vous deux.
Honnetement je ne sais pas si je ferai un jour une course pareille… Ca m'a l'air plus d'un parcours du combattant que d'une course, avec la beauté du paysage en plus.
BRAVO Marie et Benoit!
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31/08/2015 à 16:29
Il y a 2 ans j avais dit “plus jamais mais vraiment plus jamais” je sais maintenant pourquoi !
Comme l as dit Benoit course vraiment très dure techniquement. Je ne vais pas raconter le début de course Benoit l as fait alors je vais raconter ce qu’il a loupé :
-le stress de passer la ligne ou pas dans les temps !
– le stress pour manger en 10 min car il faut quitter la zone avant 18h10 (arriver avant 18h c et bien mais pas assez)
– la lumières des frontales au loin loin loin loin qui indique qu on est pas encore arrivé
-et beaucoup de souffrance ! Je pense qu’il m as fallut faire 5 km de plus que Benoit pour me rendre compte de mon erreurs. J étais au bout de ma vie, sans plus d énergie et la route était encore longue. Heureusement que benjamin m as accompagner et m as soutenus tout ce temps sinon je pense que j y serais encore !!!
A part ça ce fut quand même de superbe paysage, une super ambiance avec des bénévoles géniales et surtout 1 compagnie agréable.
Merci Benoit ! Merci les supporters à distance et sur place et surtout rdv le 26 septembre pour la revanche a l humanitrail !!! -
01/09/2015 à 10:52
En deux mots… BRAVO!
En regardant les photos le terrain n'a pas l'air vraiment facile. L'Humanitrail va être une promenade pour vous après tout ça
et d'ici la bonne recup
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